Humanités

Parce qu’on peut aimer Lévi-Strauss et l’anthropologie sans haïr les voyageurs et les explorateurs. « Regarder très loin, vers des cultures très différentes » et, dans le même temps « regarder sa propre culture de loin » : ce double décentrement constituerait, selon le père de lanthropologie structurale, « l’essence et l’originalité de l’approche ethnologique ». En fait, il se pourrait bien que ce mouvement simultané de rapprocher le lointain et d’éloigner le proche soit commun à toutes les sciences sociales. L’histoire, pour Racine, n’était-elle pas déjà une visite en pays éloigné ?

La collection « Chemins de l’ethnologie » est le témoin du renouvellement récent des études ethnologiques qui ne se satisfont plus d’analyser les diversités des cultures, mais promeuvent désormais une connaissance générale de l’humanité. Attentive à la diversité des problématiques qui font progresser les savoirs, cette collection a pour objectif d’appréhender l’homme dans sa totalité vivante.

Qu’elle soit « globale » ou « connectée », cette histoire se caractérise avant tout par un nouveau mode d’approche qui, loin des étroits « romans nationaux », prône le décloisonnement du regard, la prise en compte d’un contexte élargi à l’échelle planétaire et le recours au comparatisme différenciatif. Une voie salutaire pour notre temps.

Cette collection des éditions de la Maison des sciences de l’Homme valorise des ouvrages d’auteur qui, à partir de l’étude minutieuse d’un terrain ou d’un objet, présentent un intérêt théorique plus large. Chaque titre est sélectionné autant pour sa valeur scientifique que pour sa qualité d’écriture.

« Sociorama », c’est le fruit de la rencontre entre bande dessinée et sociologie. D’un côté, des sociologues amateurs de BD qui ont créé l’association Socio en cases ; de l’autre, des auteurs de BD curieux de sociologie. Ensemble, ils ont opté pour une démarche originale : ni adaptation littérale, ni illustration anecdotique, mais des fictions ancrées dans les réalités du terrain. Toute ressemblance n’est pas pure coïncidence…

Publiés aux éditions de la Maison des sciences de l’Homme, ces ouvrages collectifs, aux approches souvent pluridisciplinaires, constituent la synthèse de programmes de recherches financés notamment par le ministère de la Culture et de la Communication.

Une sélection d’ouvrages qui introduit à l’histoire de l’anthropologie, à ses différentes conceptions et à ses méthodes. Ils vous donneront les repères nécessaires pour débuter un parcours dans la discipline ou parfaire votre approche.

Au-delà de la Conférence sur les changements climatiques (COP 21) qui a eu lieu à Paris, essayons, comme nous invitent à le faire philosophes, anthropologues et essayistes de cette sélection, de prendre du recul en envisageant un autre rapport de l’humanité à ses milieux de vie, affranchi du dualisme réducteur nature/culture et des prétentions démiurgiques qui en découlent.

La collection « Famagouste », chez Anacharsis, recèle de pépites. Ici, l’accent est mis sur la découverte, par des lettrés des XIIIe-XVIIe siècles, voyageurs lointains ou gens du cru, conquérants minuscules ou mercenaires improbables, de mondes qui leur sont étrangers et dévénements qui les dépassent. Découverte parfois brutale, où l’on passe allègrement d’une observation fine des sociétés exotiques aux considérations les plus incongrues, voire aux actes prédateurs, commis ou subis.

Cette collection, lancée au début des années 1990, met en avant des ouvrages divers par leurs thématiques mais rassemblés autour d’un même objectif : ouvrir au vaste monde des idées.

Avant tout, comprendre.

Pourquoi les villes paraissent si différentes les unes des autres ? Et peut-on parler à leur propos de « personnalité » ? Chacun de ces ouvrages, parus aux éditions La Découverte, essaie de répondre à ces questions en examinant les dimensions à la fois matérielles, économiques, sociales, culturelles et politiques de ces ensembles urbains, tout en les comparant à d’autres villes, françaises ou étrangères, pour en montrer la singularité relative.

« Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d’entendre la langue hors-pouvoir, dans la splendeur d’une révolution permanente du langage, je l’appelle pour ma part : littérature », Roland Barthes, Leçon, Paris, Le Seuil, 1978.

Fondée par Jean Malaurie en 1954, chez Plon, Terre humaine est probablement la seule collection dont chaque titre est un classique.

Dits et non-dits de l’anthropologie, les ouvrages de cette sélection contribuent au renouvellement épistémologique d’une discipline méconnue et pourtant indispensable pour affronter la complexité du réel.

De la souffrance et du soin comme expériences culturelles totales.

Tel un escargot obstiné, fragile et lent, la pensée emprunte des chemins souvent sinueux avant d’éclore. La collection « Essais » d’Anacharsis prétend se faire le reflet de réflexions de fond, menées ici dans les espaces variés de l’anthropologie, et partir à la recherche de la puissance des idées.

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